On revient aujourd’hui sur le Musicboard, dont j’avais déjà énoncé tout le schmilblick il y a quelques semaines car, dans ma grande joie matinale de prendre le métro, j’entre-aperçois sur les écrans plasma 16:9 de la U-Bahn, la présentation des titres du journal local dont l’un était: « 1 Million Euros für Musicboard Berlins« (un truc dans ce genre). Hoho? Cela attire forcément mon attention (qui de toute façon a du mal à calculer l’environnement d’une heure aussi matinale, donc une fois mon attention accroché, le plus dur est fait) mais il faut attendre que les articles des deux titres précédents se développent.

Comme dans toute bonne histoire, soit l’electricité s’éteint soit mon arrêt arrive. Alors comme dans toute bonne histoire je décide de rester, quitte à rater mon arrêt et à descendre à celui d’après, pour lire l’article qui va arriver d’un moment à un autre.
Beh non. A croire que je n’écris pas de bonnes histoires. Ô peine. Ô désesp… On va s’arrêter là.
Non seulement l’article est arrivé à temps mais en plus je ne serais pas resté dans ma U-bahn préférée s’il n’était pas arrivé assez promptement. Et, forcément, comme tous les articles du métro, ce n’est pas intéressant: « 1 Million d’euros pour un nouveau Musicboard à Berlin qui sera effectif en janvier 2013. 1/10 des industries musicales sont sur le bord de la Spree. »
Musicboard prévu en janvier 2013
Trois nouvelles informations donc dans ce super article:
Premièrement, c’est la confirmation du budget alloué à cet organisme; on parlait d’une somme comprise entre 750.000 et 1.000.000 d’euros, on a donc touché le gros lot.
Deuxièmement, le début du boulot de cette organisation. C’était assez, voire très, flou. Ca l’est moins. Janvier 2013. 8 mois et demi pour se monter, pour définir des objectifs concrets, pour décider de la véritable nature du Board (complètement indépendant ou rattaché au Senat?). De plus, on espère que le Board se mettra vite en route et participera rapidement aux débats car les problèmes à résoudre sont déjà d’actualité.
Troisièmement, information TRES importante : 1 entreprise de l’industrie musicale sur 10 se trouve au bord de la Spree. Alors oui, moi aussi, dans un premier temps, je me suis dit: « Gnein? C’est quoi le rapport? On s’en fout non? ». Bah oui mais non. Alors, certes, cette phrase « 1/10 des industries musicales sont sur le bord de la Spree. » balancée comme cela à la fin de l’article sans explications est assez maladroite. Mais, cette information se révèle assez utile et illustre bien le(s) futur(s) problème(s) du Musicboard.
Concrétisation de la prise en compte politique
A partir de là je me suis donc mis en quête d’articles complémentaires (voire de vrais articles en fait) sur le sujet.
„Wir betreten mit dieser Förderung des Musikstandortes absolutes Neuland“ (« Avec ce développement de Berlin comme lieu économique de la musique, nous entrons en territoire inconnu ».)
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Bon cette phrase n’est pas d’un optimisme à toute épreuve mais, prononcée par le numéro 2 de l’état de Berlin, elle démontre que l’enjeu est pris en compte par les acteurs dirigeants et que ces derniers sont prêts à soutenir le secteur. Björn Böhning (Chef der Berliner Senatskanzlei, SPD) décrit ensuite les 3 points majeurs sur lesquels le Board devra s’appliquer à travailler : l’attractivité de Berlin musicalement parlant, la mise en relation et la coopération entre les différents acteurs du secteur et, dernier point, la promotion des jeunes talents.
Mediaspree vs Musicboard
De plus, et là je reviens à la fameuse troisième phrase, le Musicboard aura à faire face à un autre projet de la municipalité: Mediaspree. J’avais déjà montré quelques images de manifestations contre ce projet dans un précédent article avec le slogan : « Mediaspree versenken » (« Faire couler Mediaspree« ). Le grand projet de la ville de Berlin de réaménager les bords de la Spree en zones économiques (bureaux, hôtels, appartements haut-de-gamme…) implique donc que les habitants actuels cèdent leur terrain. Or, 10% de l’industrie musicale (boites, labels…) se trouve au bord du fleuve. En l’état actuel des choses, la volonté de Berlin d’être « musikfreundlich » (« pote avec la musique », vous comprenez le concept) s’oppose donc au projet de la Mediaspree. Au Musicboard de défendre leurs causes.
Kein Allheilmittel gegen « Clubsterben »
Böhning, même s’il conçoit que l’industrie musicale berlinoise « ist heute schon ein gewichtiger Wirtschaftsfaktor » (« est aujourd’hui un important pan économique »), insiste tout de même sur le fait que le Musicboard ne pourra pas résoudre tous les problèmes d’un coup de baguette magique et que, même si le Board sera utile, il ne sera pas l’orviétan.
Il ne veut pas croire à la mort à petit feu des boites berlinoises, soutenant qu’il ne faut pas alimenter un phénomène qui pourrait s’apparenter à une auto-prophétie.
Böhning reste donc assez réservé sur les résultats attendus de cette nouvelle organisation et ne verse pas dans l’optimisme enjoué. Cependant, et même s’il reste encore du travail (pas mal de réunions avec les différents acteurs sont d’ores et déjà prévues et des objectifs concrets seront à adotper), la création de ce Musicboard amène un certain espoir.
En espérant qu’il se concrétise.



Waou, merci pour tous ces détails. Beau travail journalistique, chapeau bas.
Merci !! ^^
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